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🔄 Comprendre la rĂ©forme de l'assiette de cotisation

La rĂ©forme de l’assiette de cotisation change le calcul des cotisations sociales des indĂ©pendants.

Pour comprendre d’abord le fonctionnement gĂ©nĂ©ral des cotisations, voir Comprendre les cotisations.

Avant la rĂ©forme, on raisonnait souvent Ă  partir du bĂ©nĂ©fice. Depuis la rĂ©forme applicable aux pĂ©riodes courant Ă  compter du 1er janvier 2025, il faut plutĂŽt raisonner Ă  partir du revenu social brut, puis appliquer un calcul d’assiette.

L’idĂ©e importante est la suivante :

  • le bĂ©nĂ©fice sert surtout Ă  comprendre l’impĂŽt sur le revenu ;
  • l’assiette sociale sert Ă  calculer les cotisations ;
  • le revenu social brut correspond au rĂ©sultat professionnel avant dĂ©duction des cotisations sociales personnelles.

Dans Orthophinance, ces trois champs sont sĂ©parĂ©s pour Ă©viter de mĂ©langer des notions qui ne rĂ©pondent plus Ă  la mĂȘme question.

Avant la réforme : on raisonnait surtout avec le bénéfice

Section intitulée « Avant la réforme : on raisonnait surtout avec le bénéfice »

Avant la réforme, plus votre bénéfice était élevé, plus vos cotisations proportionnelles augmentaient.

En premiĂšre approche, l’assiette de cotisation Ă©tait donc trĂšs proche du bĂ©nĂ©fice professionnel. C’est pour cette raison que beaucoup de documents, de vidĂ©os ou d’anciennes explications parlent encore de “revenu”, de “bĂ©nĂ©fice” ou de “revenu professionnel” pour dĂ©signer le montant utilisĂ© par les caisses pour calculer les cotisations.

Imaginons une année avec :

  • Chiffre d’affaires : 70 000 €
  • DĂ©penses professionnelles hors cotisations sociales : 15 000 €
  • Cotisations sociales payĂ©es dans l’annĂ©e : 12 000 €

Dans cet exemple :

  • rĂ©sultat avant cotisations sociales : 70 000 - 15 000 = 55 000 €
  • bĂ©nĂ©fice aprĂšs cotisations : 55 000 - 12 000 = 43 000 €

Pour simplifier, on pouvait retenir que les cotisations dĂ©finitives se calculaient globalement Ă  partir du bĂ©nĂ©fice professionnel, mĂȘme si certains postes demandaient des retraitements.

MĂȘme avant la rĂ©forme, toutes les cotisations n’étaient pas calculĂ©es exactement Ă  partir du mĂȘme montant.

La CSG-CRDS avait dĂ©jĂ  une logique particuliĂšre : son assiette Ă©tait plus large que le bĂ©nĂ©fice, car certaines cotisations devaient ĂȘtre rĂ©intĂ©grĂ©es dans le calcul.

En pratique, cela créait plusieurs montants proches mais différents :

  • le bĂ©nĂ©fice comptable ou fiscal ;
  • l’assiette utilisĂ©e pour une partie des cotisations sociales ;
  • l’assiette CSG-CRDS.

Cela explique pourquoi les montants indiquĂ©s par l’URSSAF, la CARPIMKO ou la CIPAV ne semblaient pas toujours tomber exactement sur le mĂȘme revenu.

Depuis la réforme, la logique est différente.

Pour le régime réel, le calcul commence par le revenu social brut. Le revenu social brut correspond au résultat professionnel avant déduction des cotisations sociales personnelles.

La formule est :

Revenu social brut = chiffre d'affaires - dépenses professionnelles hors cotisations sociales personnelles

Les cotisations URSSAF, CARPIMKO, CIPAV ou CARCDSF prĂ©levĂ©es dans l’annĂ©e ne diminuent donc pas le revenu social brut.

Reprenons les mĂȘmes chiffres :

  • Chiffre d’affaires : 70 000 €
  • DĂ©penses professionnelles hors cotisations sociales : 15 000 €
  • Cotisations sociales payĂ©es dans l’annĂ©e : 12 000 €

Le revenu social brut est :

70 000 - 15 000 = 55 000 €

Les 12 000 € de cotisations sociales payĂ©es ne sont pas dĂ©duits pour calculer le revenu social brut.

Ensuite, la réforme applique un abattement de 26 %, avec un plancher et un plafond légaux.

Dans un cas courant, cela donne :

Assiette sociale ≈ 55 000 × 74 % = 40 700 €

Cette assiette est ensuite utilisée pour calculer les cotisations proportionnelles.

La rĂ©forme n’a pas seulement créé une formule × 74 %.

Le texte prévoit :

  • un abattement de 26 % ;
  • un montant plancher pour cet abattement ;
  • un montant plafond pour cet abattement.

L’article D. 136-5 du Code de la sĂ©curitĂ© sociale fixe ces bornes Ă  :

  • 1,76 % du PASS pour le plancher ;
  • 130 % du PASS pour le plafond.

Conséquence pratique :

  • avec un revenu habituel, l’abattement de 26 % s’applique normalement ;
  • avec un revenu trĂšs faible, l’abattement minimal peut ĂȘtre supĂ©rieur Ă  26 % du revenu social brut. L’assiette devient alors plus faible que revenu social brut × 74 % ;
  • avec un revenu trĂšs Ă©levĂ©, l’abattement maximal peut ĂȘtre infĂ©rieur Ă  26 % du revenu social brut. L’assiette devient alors plus Ă©levĂ©e que revenu social brut × 74 %.

Exemple avec un PASS de 48 060 € :

  • plancher d’abattement : 48 060 × 1,76 % = 846 € ;
  • plafond d’abattement : 48 060 × 130 % = 62 478 €.

Avec un revenu social brut de 2 000 €, l’abattement de 26 % serait de 520 €. Comme ce montant est infĂ©rieur au plancher de 846 €, on retient l’abattement minimal. L’assiette devient donc environ 1 154 € au lieu de 1 480 € avec la formule simplifiĂ©e.

Pour le détail de la formule, voir Comprendre Assiette sociale.

Depuis la rĂ©forme, l’assiette sociale et l’assiette CSG-CRDS sont souvent trĂšs proches.

Mais elles ne sont pas toujours strictement identiques. Orthophinance les sépare pour gérer correctement certains cas particuliers, notamment :

  • les indemnitĂ©s journaliĂšres ;
  • les chĂšques vacances ;
  • la ventilation entre activitĂ© conventionnĂ©e et non conventionnĂ©e.

Pour simplifier, vous pouvez retenir une seule idée :

L’assiette sociale sert Ă  calculer les cotisations. L’assiette CSG-CRDS sert Ă  calculer spĂ©cifiquement la CSG-CRDS.

Pour le détail, voir aussi Comprendre la CSG/CRDS.

En micro-BNC, la logique est différente.

Il n’y a pas vraiment de revenu social brut Ă  suivre dans Orthophinance. Les cotisations sont calculĂ©es directement Ă  partir du chiffre d’affaires aprĂšs abattement forfaitaire.

Pour les BNC, l’abattement micro est de 34 %.

  • Chiffre d’affaires : 70 000 €
  • Assiette de cotisation : 70 000 × 66 % = 46 200 €

Les dĂ©penses rĂ©elles ne changent pas ce calcul. C’est une diffĂ©rence majeure avec le rĂ©gime rĂ©el.

Pour comparer les deux régimes, voir Tout comprendre entre régime réel et micro-BNC.

Dans Orthophinance, les champs importants sont :

  • Revenu social brut : rĂ©sultat professionnel avant dĂ©duction des cotisations sociales personnelles ;
  • Assiette sociale : montant utilisĂ© pour calculer les cotisations sociales ;
  • Assiette CSG-CRDS : montant utilisĂ© pour calculer la CSG-CRDS ;
  • BĂ©nĂ©fice : repĂšre comptable et fiscal, utile pour l’impĂŽt sur le revenu mais plus pour calculer directement les cotisations.

Si vous voulez estimer le revenu Ă  dĂ©clarer aux caisses pour ajuster vos provisions, partez de l’assiette sociale annuelle estimĂ©e, puis adaptez-la selon les champs demandĂ©s par l’URSSAF ou votre caisse.