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💶 Comment répartir l'impôt sur le revenu dans un couple ?

Un couple marié ou pacsé reçoit un seul avis d’impôt sur le revenu. Lorsque chacun conserve son compte personnel, il reste à déterminer quelle part de cet impôt revient à chaque conjoint.

Une méthode permet de tenir compte des revenus et de la progressivité de l’impôt :

  1. calculer l’impôt que chacun aurait payé s’il avait été imposé seul ;
  2. utiliser ces deux montants pour obtenir un pourcentage par conjoint ;
  3. appliquer ces pourcentages à l’impôt réellement dû par le foyer.

Cette page présente cette méthode, les autres répartitions possibles et la régularisation à effectuer lorsque l’avis d’impôt est disponible.

1. L’administration calcule un impôt pour le foyer

Section intitulée « 1. L’administration calcule un impôt pour le foyer »

Un couple marié ou pacsé soumis à une imposition commune dépose une seule déclaration. Les revenus des deux conjoints sont réunis et le foyer dispose normalement de deux parts de quotient familial, auxquelles peuvent s’ajouter les parts liées aux enfants et à certaines situations personnelles.

L’administration applique le barème progressif au revenu du foyer en tenant compte de ces parts. Le résultat donne un impôt unique pour le couple. Le fonctionnement du quotient familial est détaillé sur Service-Public.fr.

Depuis septembre 2025, le taux de prélèvement à la source est individualisé par défaut pour les couples mariés ou pacsés. Chaque conjoint reçoit un taux adapté à ses revenus personnels. Le montant total de l’impôt du foyer reste identique. Seule la répartition des prélèvements pendant l’année évolue. Impots.gouv.fr présente les différents taux de prélèvement à la source.

2. Trois montants interviennent dans la répartition

Section intitulée « 2. Trois montants interviennent dans la répartition »

La répartition annuelle demande de distinguer trois montants.

Il correspond aux sommes déjà retenues sur les salaires, pensions ou autres revenus personnels pendant l’année. Avec les taux individualisés, les deux conjoints peuvent avoir des taux très différents.

Il est calculé après la déclaration annuelle. Il tient compte des revenus réels, du quotient familial, des charges déductibles, des réductions et des crédits d’impôt.

Cette part résulte de la méthode choisie par le couple. Elle permet ensuite de vérifier si chacun a déjà payé suffisamment avec son prélèvement à la source.

MéthodeCalculPrincipal intérêtPrincipale limite
Moitié-moitié50 % de l’impôt chacunTrès simpleL’effort devient très élevé pour le revenu le plus faible
Proportionnelle aux revenusRépartition selon la part de revenus de chacunMême taux d’effort par rapport au revenuLa progressivité de l’impôt disparaît dans la répartition
Taux individualisésChacun conserve les prélèvements calculés par l’administrationFacile à suivre pendant l’annéeLe solde, les revenus communs et les crédits d’impôt demandent une régularisation
Impôts individuels théoriquesRépartition selon l’impôt que chacun aurait payé seulTient compte de la progressivitéDeux simulations fiscales sont nécessaires

La méthode des impôts individuels théoriques donne une clé de répartition directement liée à la situation fiscale personnelle de chacun.

4. Calculer la clé à partir des impôts individuels théoriques

Section intitulée « 4. Calculer la clé à partir des impôts individuels théoriques »

Chaque conjoint calcule l’impôt qu’il aurait payé avec :

  • une part fiscale ;
  • ses revenus personnels ;
  • ses charges déductibles strictement personnelles ;
  • sa quote-part des revenus détenus en commun ;
  • le barème applicable à la même année de revenus.

Les enfants et les avantages fiscaux communs restent en dehors de ces deux simulations. Ils seront déjà pris en compte dans l’impôt réel du foyer.

Le calcul peut être réalisé avec le simulateur officiel de l’impôt sur le revenu.

Étape 2 : additionner les deux impôts théoriques

Section intitulée « Étape 2 : additionner les deux impôts théoriques »

Total théorique = impôt théorique de A + impôt théorique de B

Pourcentage de A = impôt théorique de A ÷ total théorique

Pourcentage de B = impôt théorique de B ÷ total théorique

Étape 4 : appliquer ces pourcentages à l’impôt réel

Section intitulée « Étape 4 : appliquer ces pourcentages à l’impôt réel »

Part de A = impôt réel du foyer × pourcentage de A

Part de B = impôt réel du foyer × pourcentage de B

Sophie calcule qu’elle aurait payé 1 000 € d’impôt si elle avait été imposée seule.

Son conjoint aurait payé 10 000 €.

Le total des deux impôts théoriques atteint :

1 000 € + 10 000 € = 11 000 €

Leurs pourcentages sont donc :

  • Sophie : 1 000 ÷ 11 000 = 9,09 % ;
  • son conjoint : 10 000 ÷ 11 000 = 90,91 %.

Grâce à l’imposition commune et à la situation du foyer, leur impôt réel s’élève à 8 000 €.

PourcentagePart de l’impôt réel
Sophie9,09 %727 €
Son conjoint90,91 %7 273 €
Total100 %8 000 €

6. Pourquoi cette méthode tient compte de la progressivité

Section intitulée « 6. Pourquoi cette méthode tient compte de la progressivité »

Le barème de l’impôt sur le revenu est progressif. Une personne avec un revenu élevé supporte généralement un taux moyen d’imposition supérieur à celui d’une personne avec un revenu plus faible. Le barème et son mode de calcul sont présentés sur economie.gouv.fr.

Une répartition proportionnelle aux revenus applique le même taux d’effort aux deux conjoints. La méthode des impôts individuels théoriques conserve l’effet du barème progressif dans la clé de répartition.

Elle présente plusieurs propriétés utiles :

  • le conjoint qui aurait payé le plus d’impôt seul conserve la part la plus élevée ;
  • chacun bénéficie de la même réduction relative lorsque le foyer paie moins que les deux personnes séparées ;
  • chacun supporte la même augmentation relative lorsque le foyer paie davantage ;
  • les parts restent positives ou nulles lorsque l’impôt du foyer est positif ;
  • la clé peut être réutilisée pour établir une provision mensuelle.

Cette méthode constitue une convention de répartition. Elle ne correspond pas à un calcul individuel fourni sur l’avis d’impôt.

Dans la méthode présentée ici, chaque conjoint effectue sa simulation individuelle avec une part et sans enfant. L’avantage procuré par les parts des enfants se retrouve dans l’impôt réel du foyer.

Cet avantage réduit donc la part de chacun selon la clé calculée à partir des impôts théoriques.

Un couple peut aussi décider de verser l’économie liée aux enfants au budget commun. Cette convention demande un calcul supplémentaire pour isoler l’avantage procuré par les parts des enfants.

Les revenus fonciers, revenus de placements ou autres revenus communs doivent être ventilés entre les deux simulations.

Utilisez la quote-part de propriété lorsqu’elle est connue :

  • 50 % chacun pour un bien détenu à parts égales ;
  • la répartition prévue dans l’acte pour une détention inégale ;
  • la part réelle de chacun pour un revenu clairement attribuable.

Cette ventilation évite d’attribuer l’ensemble du revenu commun à un seul conjoint.

Les avantages fiscaux demandent une convention supplémentaire.

Un crédit lié à la garde des enfants, à l’emploi à domicile ou à une dépense payée par le compte commun peut rester inclus dans l’impôt réel. Son avantage est alors réparti avec la même clé que l’impôt.

Une réduction ou un crédit provenant d’une dépense payée personnellement par un conjoint peut lui être attribué.

Pour appliquer cette convention :

  1. répartissez l’impôt avant cet avantage personnel avec la clé fiscale ;
  2. retranchez ensuite la réduction ou le crédit de la part du conjoint concerné.

Exemple : Sophie finance seule un don qui réduit l’impôt de 300 €. Le couple peut attribuer ces 300 € à Sophie après avoir réparti le reste de l’impôt.

Si l’un des conjoints aurait payé 0 € seul et l’autre 10 000 €, la clé donne :

  • premier conjoint : 0 % ;
  • second conjoint : 100 %.

Le second conjoint supporte alors la totalité de l’impôt commun.

Ce résultat mesure la contribution fiscale théorique de chacun. Un couple qui met entièrement ses revenus en commun peut retenir une autre organisation et traiter l’impôt comme une dépense générale du foyer.

Si les deux impôts théoriques sont nuls alors que le foyer doit un impôt en raison de revenus communs, la clé ne peut pas être calculée. Répartissez alors cet impôt selon la propriété des revenus communs ou selon la règle utilisée pour les autres dépenses du foyer.

Une fois la part définitive de chacun calculée, comparez-la aux prélèvements à la source déjà supportés.

Solde individuel = part définitive d’impôt − prélèvements à la source déjà supportés

Reprenons l’exemple précédent :

Part définitivePrélèvements déjà supportésRégularisation interne
Sophie727 €900 €173 € à récupérer
Son conjoint7 273 €7 100 €173 € à verser

La régularisation peut prendre la forme d’un virement entre les conjoints ou d’une correction de leurs prochains versements sur le compte commun.

  1. Récupérez le montant total d’impôt calculé pour l’année.
  2. Réalisez les deux simulations individuelles avec le barème de la même année.
  3. Calculez les deux pourcentages.
  4. Répartissez l’impôt réel du foyer.
  5. Attribuez séparément les éventuels avantages fiscaux personnels.
  6. Retranchez les prélèvements à la source déjà supportés par chacun.
  7. Effectuez la régularisation interne.

Orthophinance calcule la rémunération issue du cabinet avant impôt sur le revenu. L’impôt dépend aussi des revenus du conjoint, des enfants, des autres revenus et des avantages fiscaux du foyer.

La part d’impôt attribuée au professionnel libéral intervient donc dans son budget personnel, après le calcul de la rémunération utilisable.

Un prélèvement d’impôt débité sur le compte professionnel ne constitue pas une dépense professionnelle déductible. Il doit être retranché de la rémunération utilisable avant le virement vers le compte personnel. Consultez Pourquoi Orthophinance ne calcule pas l’impôt sur le revenu.

Calculez l’impôt que chacun aurait payé séparément. Utilisez ces deux montants pour obtenir les pourcentages de répartition. Appliquez ensuite ces pourcentages à l’impôt réellement dû par le foyer.

Comparez enfin la part obtenue aux prélèvements à la source déjà supportés par chacun. Cette dernière étape détermine la régularisation à effectuer dans le couple.