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Salaire d'un pédicure-podologue libéral en 2026

Ce qu'il reste d'un chiffre d'affaires de pédicure-podologue libéral après charges, cotisations URSSAF et CARPIMKO et impôt : les montants 2026, détaillés.

Dans cet article
  1. Pourquoi cette page ne ressemble pas aux autres
  2. Ce que l’Assurance Maladie prend en charge
  3. Ce que « salaire » recouvre en libéral
  4. Du chiffre d’affaires au revenu disponible
  5. Sur quoi les cotisations sont calculées
  6. La grille complète
  7. Où partent les cotisations
  8. Si vos charges ne sont pas de 38 %
  9. L’impôt sur le revenu
  10. Les situations qui déplacent ces chiffres
  11. Comparer avec le simulateur URSSAF
  12. Méthode

Les chiffres de cette page viennent d’Orthophinance à deux titres. Les cotisations sont calculées par le moteur qui recalcule chaque mois celles de nos abonnés, sur les barèmes URSSAF et CARPIMKO 2026. Le taux de charges et le niveau d’honoraires viennent de ce que déclarent les pédicures-podologues libéraux qui utilisent le logiciel.

Pourquoi cette page ne ressemble pas aux autres

Un pédicure-podologue relève de la CARPIMKO comme un infirmier ou un orthophoniste, et les cotisations retraite sont les mêmes à revenu égal. Une ligne les sépare : l’assurance maladie.

Chez un auxiliaire médical conventionné, la CPAM prend en charge la quasi-totalité de cette cotisation, qui tombe à une trentaine d’euros par an. Les actes de pédicurie-podologie n’étant pour l’essentiel pas remboursés, l’activité relève des revenus non conventionnés : la prise en charge ne s’applique pas et une contribution additionnelle s’y ajoute. Sur toute la population de podologues que nous mesurons, la totalité du chiffre d’affaires est déclarée hors convention.

Pour 60 000 € d’honoraires et 38 % de charges, l’écart se chiffre :

StatutCotisation maladieTotal cotisationsDisponible
Conventionné28 €9 531 €27 669 €
Non conventionné1 902 €11 406 €25 794 €

1 875 € par an, soit 156 € par mois. Les tableaux de cette page retiennent tous le second cas.

Ce que l’Assurance Maladie prend en charge

Les soins remboursés sont bornés au pied diabétique. Le cadre conventionnel couvre un forfait annuel de prévention pour les patients dont le risque de lésion a été gradé : cinq séances au grade 2, six au grade 3 sans plaie et huit au grade 3 avec une plaie en cours de cicatrisation. La séance se cote POD, à 30 € en métropole. Tous les patients diabétiques ont par ailleurs droit à une consultation annuelle de gradation du risque. Depuis 2023, la prescription médicale n’est plus nécessaire pour ouvrir ces droits. Deux séances de prévention ne peuvent pas être facturées le même jour, ni une séance de prévention et un autre acte.

Les semelles orthopédiques sont remboursées sur une base de 28,86 € la paire pour un adulte, soit 14,43 € par semelle, prise en charge à 60 % et limitée à une paire par an. Pour un enfant de moins de seize ans, le rythme est d’une paire tous les six mois. Cette base est sans rapport avec le prix de fabrication : le solde est payé par le patient ou par sa complémentaire, et il est encaissé hors convention.

Les autres soins n’entrent dans aucun de ces cadres. Les soins de pédicurie courants relèvent d’honoraires libres, sans base de remboursement par l’Assurance Maladie. Sur la population de podologues que nous mesurons, la totalité du chiffre d’affaires est déclarée en revenus non conventionnés : c’est ce qui produit la ligne du tableau ci-dessus.

Le cabinet achète de la matière. Résines, matériaux de semelle, consommables de soin et sous-traitance de fabrication passent par les dépenses courantes, qui représentent 98 % des charges déduites avec une médiane de 35 % du chiffre d’affaires. Un cabinet dont l’activité penche vers les orthèses n’a pas la même structure de coûts qu’un cabinet tourné vers le soin, ce qui explique une partie de l’écart de 28 points entre les deux quartiles.

Ce que « salaire » recouvre en libéral

Un pédicure-podologue libéral ne reçoit pas de salaire. Trois montants différents circulent sous ce mot :

  • les honoraires encaissés, ce que versent les patients, soins et semelles orthopédiques compris ;
  • le revenu avant cotisations, une fois les charges du cabinet déduites ;
  • le revenu disponible, une fois les cotisations sociales payées.

Le montant que vous virez de votre compte professionnel vers votre compte personnel est un quatrième chiffre, sans lien mécanique avec les trois autres. Les cotisations provisionnelles étant appelées sur un revenu antérieur, l’écart entre ce que vous vous versez et ce que vous devez peut se creuser pendant deux ans avant que la régularisation ne le rattrape.

Du chiffre d’affaires au revenu disponible

Les tableaux de cette section retiennent des charges professionnelles à 38 % des honoraires : loyer du cabinet, fauteuil et instruments, consommables et matières premières des orthèses, laboratoire ou sous-traitance de fabrication, assurances, formation continue, comptable. Ce taux est calculé à partir des données d’Orthophinance. C’est la médiane observée chez les pédicures-podologues libéraux qui utilisent le logiciel, la moitié d’entre eux se situant entre 21 % et 49 %. Une section plus bas donne les autres taux de charges.

Le niveau d’honoraires retenu comme cas de référence, 60 000 €, est proche de la médiane observée sur la même population, environ 66 000 € par an.

Sur quoi les cotisations sont calculées

Vos cotisations ne portent ni sur vos honoraires, ni sur ce que vous vous versez. Elles portent sur l’assiette sociale, que l’URSSAF construit en deux temps. Sur 60 000 € d’honoraires :

ÉtapeMontant
Honoraires encaissés60 000 €
Moins les charges du cabinet, ici 38 %− 22 800 €
Revenu avant cotisations37 200 €
Moins l’abattement de 26 %− 9 672 €
Assiette sociale27 528 €
Cotisations dues sur cette assiette11 406 €

L’abattement de 26 % vient de la réforme de l’assiette, applicable aux revenus acquis à partir de 2025. Les cotisations portent donc sur 74 % de votre revenu, pas sur sa totalité.

Les deux pourcentages de ce tableau n’ont pas le même statut. Le taux de charges de 38 % est une observation, et il varie beaucoup d’un cabinet à l’autre. L’abattement de 26 % est une règle, identique pour tout le monde, encadrée par un plancher et un plafond.

La grille complète

Situation retenue : activité non conventionnée, entreprise individuelle au régime réel, année complète, sans ACRE ni exonération particulière, et revenu stable d’une année sur l’autre. Cette dernière hypothèse compte : les cotisations d’une année sont d’abord appelées sur un revenu antérieur, puis régularisées. À revenu stable, ce que vous payez dans l’année égale ce que vous devez au titre de cette année. Une année de forte hausse ou de forte baisse, les deux montants s’écartent.

HonorairesAvant cotisationsCotisationsDisponiblePar mois
30 000 €18 600 €6 881 €11 719 €977 €
40 000 €24 800 €8 134 €16 666 €1 389 €
50 000 €31 000 €9 553 €21 447 €1 787 €
60 000 €37 200 €11 406 €25 794 €2 150 €
70 000 €43 400 €13 298 €30 102 €2 509 €
80 000 €49 600 €15 177 €34 423 €2 869 €
90 000 €55 800 €17 101 €38 699 €3 225 €

Le taux de cotisations passe de 37,0 % du revenu avant cotisations sur la première ligne à 30,6 % sur la dernière, puis cesse de décroître. Chez un professionnel conventionné, la décrue se poursuit tout au long de la grille, parce que la part forfaitaire des cotisations se dilue dans un revenu qui monte. Ici, la cotisation maladie est proportionnelle et compense cette dilution : au-delà de 50 000 € d’honoraires, le taux reste bloqué autour de 30,6 %.

Où partent les cotisations

Voici le détail pour 60 000 € d’honoraires, soit 27 528 € d’assiette sociale.

CotisationMontantPart du revenu
Retraite de base CARPIMKO2 918 €7,8 %
CSG et CRDS2 670 €7,2 %
Retraite complémentaire CARPIMKO2 395 €6,4 %
Assurance maladie1 902 €5,1 %
Invalidité-décès CARPIMKO1 022 €2,7 %
Avantage social vieillesse (ASV)268 €0,7 %
Formation professionnelle120 €0,3 %
Indemnités journalières83 €0,2 %
Contribution URPS28 €0,1 %
Allocations familiales0 €0,0 %
Total11 406 €30,7 %

L’assurance maladie est la quatrième ligne, à 1 902 €. Elle se décompose en 1 007 € de cotisation d’assurance maladie et 895 € de contribution additionnelle, cette dernière ne portant que sur les revenus non conventionnés. Dans les autres professions de la CARPIMKO, ce poste se chiffre en dizaines d’euros.

La retraite et la prévoyance CARPIMKO pèsent 6 603 €, soit 58 % du total des cotisations. Le détail de ces quatre régimes figure dans les taux de cotisations CARPIMKO 2026. Cette part est plus faible que chez un conventionné, non parce que les cotisations retraite seraient plus basses, mais parce que le total sur lequel elles se comptent est plus élevé.

Les allocations familiales sont nulles. Elles ne sont dues qu’au-delà de 110 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 52 866 € d’assiette en 2026, un seuil qu’un taux de charges de 38 % place hors de portée sur toute cette grille.

Si vos charges ne sont pas de 38 %

Pour 60 000 € d’honoraires, voici le résultat selon le taux de charges :

ChargesAvant cotisationsCotisationsDisponiblePar mois
20 %48 000 €14 688 €33 312 €2 776 €
28 %43 200 €13 238 €29 962 €2 497 €
38 %37 200 €11 406 €25 794 €2 150 €
45 %33 000 €10 075 €22 925 €1 910 €
50 %30 000 €9 314 €20 686 €1 724 €
55 %27 000 €8 613 €18 387 €1 532 €

Entre 20 % et 55 % de charges, l’écart atteint 1 244 € par mois pour un même chiffre d’affaires. La moitié des podologues mesurés se situe entre 21 % et 49 %, soit un écart de 28 points entre les deux quartiles. Le fonctionnement courant du cabinet représente 98 % des charges déduites, avec une médiane de 35 % du chiffre d’affaires : les consommables et la fabrication des orthèses passent par ce poste plutôt que par des amortissements.

Les autres professions de la CARPIMKO se situent ailleurs sur cette échelle : infirmier libéral à 15 % de charges médianes, orthophoniste à 23 %, masseur-kinésithérapeute à 28 % et orthoptiste à 33 %. Aucune de ces pages n’intègre la cotisation maladie à taux plein.

Reprenez votre propre comptabilité de l’an dernier pour trouver votre ligne : c’est le chiffre qui déplacera le plus votre résultat.

L’impôt sur le revenu

Le bénéfice imposable diffère du revenu disponible : il retire les cotisations effectivement payées dans l’année et réintègre la CSG non déductible. Le tableau reprend l’hypothèse de revenu stable posée plus haut, sans laquelle il faudrait connaître l’historique des appels de cotisations des deux années précédentes.

Le tableau ci-dessous prend un podologue célibataire, sans enfant, sans autre revenu dans le foyer, avec des charges à 38 %.

HonorairesBénéfice imposableImpôtNet après impôtPar mois
30 000 €12 118 €0 €11 719 €977 €
40 000 €17 198 €0 €16 666 €1 389 €
50 000 €22 112 €783 €20 664 €1 722 €
60 000 €26 593 €1 498 €24 296 €2 025 €
70 000 €31 034 €2 414 €27 688 €2 307 €
80 000 €35 487 €3 750 €30 673 €2 556 €
90 000 €39 897 €5 073 €33 626 €2 802 €

L’impôt reste nul jusqu’à 40 000 € d’honoraires : la combinaison d’un taux de charges de 38 % et de cotisations à 31 % laisse un bénéfice imposable sous le seuil d’imposition. La situation familiale change beaucoup ce chiffre. Un conjoint dont le revenu diffère du vôtre déplace la charge d’impôt du foyer : répartir l’impôt sur le revenu dans un couple détaille ce calcul. Certaines communes ouvrent droit à une exonération, décrite dans ZFRR, ZFRR+ et QPV.

Les situations qui déplacent ces chiffres

Le début d’activité. Les deux premières années, les cotisations sont appelées sur une base forfaitaire, sans rapport avec votre revenu réel, puis régularisées. L’ACRE réduit certaines cotisations la première année. Le calendrier est décrit dans anticiper ses cotisations en début d’activité, et le parcours complet dans s’installer comme pédicure-podologue libéral.

Une part d’activité conventionnée. Certains actes de pédicurie sont pris en charge, notamment dans le suivi du pied diabétique. La fraction correspondante de vos revenus ouvre droit à la prise en charge de la cotisation maladie par la CPAM et échappe à la contribution additionnelle. Le tableau du haut de page donne les deux bornes ; une situation mixte se place entre les deux, au prorata.

Le temps partiel. Une partie des cotisations ne dépend pas du revenu : l’invalidité-décès CARPIMKO à 1 022 €, l’ASV forfaitaire à 224 €, la contribution à la formation professionnelle à 120 €, et la retraite complémentaire calculée sur une assiette minimale. Sur une année pleine sans aucun revenu, ce socle atteint environ 4 100 €. Pour une activité réduite, il fait mécaniquement grimper le taux effectif.

Les contrats Madelin. Une prévoyance ou une retraite complémentaire facultative se déduit du bénéfice imposable dans certaines limites, sans effet sur les cotisations obligatoires. Un podologue sur quatre parmi ceux qui utilisent Orthophinance en déclare un.

Le régime micro-BNC. L’abattement forfaitaire de 34 % remplace la déduction de vos charges réelles. À 38 % de charges médianes, contre un abattement de 34 %, le réel est plus favorable pour une moitié de la profession et le micro pour l’autre. L’arbitrage se tranche sur votre propre taux, pas sur la médiane. Tout comprendre au régime réel et au micro-BNC pose le calcul.

Comparer avec le simulateur URSSAF

Le simulateur de l’URSSAF donne un résultat différent de celui-ci. Les écarts viennent du traitement de la CSG, des cotisations forfaitaires et de l’assiette retenue. Ils sont détaillés dans pourquoi le simulateur URSSAF donne un résultat différent.

Méthode

Barèmes URSSAF pour les praticiens et auxiliaires médicaux et barèmes CARPIMKO 2026. Plafond annuel de la sécurité sociale 2026 : 48 060 €. Assiette sociale calculée selon la réforme applicable aux revenus acquis à partir de 2025, avec l’abattement de 26 % encadré par un plancher de 1,76 % du plafond et un plafond de 130 % du plafond. Année civile complète, activité intégralement non conventionnée sauf mention contraire, entreprise individuelle au régime de la déclaration contrôlée, sans ACRE, sans indemnités journalières perçues et sans contrat Madelin. Revenu supposé stable d’une année sur l’autre : les cotisations payées dans l’année égalent alors les cotisations dues au titre de cette année.

Le taux de charges de 38 % et le niveau d’honoraires médian sont calculés à partir des données d’Orthophinance, sur les pédicures-podologues libéraux qui utilisent le logiciel au régime de la déclaration contrôlée, en retenant pour chacun sa dernière année comptant au moins quatre mois d’activité renseignés. Le taux rapporte au chiffre d’affaires l’ensemble des charges déduites : dépenses courantes, amortissements, indemnités kilométriques, loyers de location de véhicule (LOA et LLD), intérêts d’emprunt, part non amortie des emprunts et charges non décaissées. Il est calculé sur le total déduit, sans dépendre du poste dans lequel chaque charge a été saisie. Les honoraires médians sont ramenés à douze mois. Les montants sont arrondis à l’euro. Ils décrivent le cas type retenu et ne remplacent pas l’examen de votre situation.

Les tarifs conventionnels, forfaits, indemnités de déplacement et majorations cités sur cette page sont ceux publiés par l’Assurance Maladie. Les bases de remboursement des semelles orthopédiques relèvent de la liste des produits et prestations.

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