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Diversifier son activité en tant que professionnel paramédical libéral

Guide pour ajouter une activité complémentaire à votre pratique paramédicale

Dans cet article
  1. 1. Une seule entreprise, plusieurs casquettes : c’est légal
  2. 2. Ne pas tout mélanger : soins réglementés vs. prestations annexes
  3. Focus sur la TVA
  4. 3. Cotisations sociales : tout passe par l’URSSAF… ou presque
  5. Comment sont taxés vos revenus ?
  6. Et si on crée une deuxième structure ?
  7. 4. Retraite : CARPIMKO
  8. 5. Réglementation et éthique : les bonnes pratiques à respecter
  9. Les règles à respecter
  10. En conclusion : oui, diversifier est possible. Mais faites-le intelligemment

Vous êtes orthophoniste, infirmier·ère, podologue, masseur-kinésithérapeute ou orthoptiste, et vous avez envie d’élargir un peu votre horizon professionnel sans quitter votre cœur de métier ?

Vous pensez à une activité complémentaire (coaching, sophrologie, etc) ?

C’est possible, et cela reste généralement simple à mettre en place.

Mais avant de foncer tête baissée, il y a quelques points à connaître, pour rester dans les clous côté juridique, fiscal, social… et pour ne pas vous compliquer la vie plus que nécessaire.

1. Une seule entreprise, plusieurs casquettes : c’est légal

Commençons par le plus simple.

Si vous exercez déjà en entreprise individuelle – ce qui est souvent le cas des professionnels de santé libéraux – vous n’avez pas besoin de créer une nouvelle structure pour proposer une activité annexe.

En France, une personne physique ne peut avoir qu’une seule entreprise individuelle (donc un seul SIREN), mais cette entreprise peut avoir plusieurs activités (et donc plusieurs casquettes).

Concrètement, il suffit de faire une “adjonction d’activité”. Cette démarche se fait entièrement en ligne sur le site du Guichet unique des formalités d’entreprises, qui est géré par l’INPI. Cela permet de déclarer officiellement votre nouvelle casquette sans créer une nouvelle entreprise.

Vous garderez le même SIRET, mais avec une activité secondaire officielle. Côté compta, on parle d’activité mixte : une partie réglementée (votre cœur de métier), une partie non réglementée (votre activité complémentaire).

2. Ne pas tout mélanger : soins réglementés vs. prestations annexes

La clé pour éviter les ennuis, c’est de bien séparer ce qui relève de votre activité de soin et ce qui appartient à votre activité secondaire.

Cette distinction est essentielle pour respecter les règles fiscales, sociales… et pour ne pas vous retrouver à devoir justifier des choses floues en cas de contrôle.

Votre activité principale – orthophonie, soins infirmiers, kiné, etc. – est réglementée. Elle dépend d’un cadre clair, souvent conventionné avec la Sécu, et exonéré de TVA.

Votre activité secondaire, elle, n’a pas ce statut. Même si elle est aussi exercée en libéral, elle est considérée comme non médicale, et donc soumise à la TVA… sauf si vous êtes en dessous d’un certain seuil.

Focus sur la TVA

C’est un point important : tant que votre chiffre d’affaires sur l’activité secondaire reste en dessous de 37 500 €/an (seuil actuel pour la franchise en base de TVA, susceptible d’évoluer), vous n’êtes pas obligé de facturer la TVA sur ces prestations.

Vous pouvez simplement indiquer sur vos factures : « TVA non applicable – article 293 B du CGI ».

Mais attention : si vous dépassez ce seuil, vous devrez commencer à appliquer la TVA sur votre activité annexe mais pas sur votre activité de soins, qui reste exonérée quel que soit le montant.

Et dans ce cas, il faudra bien sectoriser les deux volets : l’un soumis à TVA, l’autre non.

Ce qui veut dire, entre autres, séparer les factures, suivre vos dépenses par activité, et éventuellement faire des proratas pour récupérer (ou pas) la TVA sur vos achats.

Bref, c’est faisable, mais un peu plus technique.

3. Cotisations sociales : tout passe par l’URSSAF… ou presque

Tant que vous restez avec une seule structure (entreprise individuelle), vous ne ferez qu’une seule déclaration de revenus BNC à l’URSSAF.

Lors de votre déclaration sociale annuelle (la DS-PAMC), l’URSSAF vous demandera de ventiler vos revenus : d’un côté ceux tirés de votre activité conventionnée, de l’autre ceux de votre activité non conventionnée (coaching, etc.). C’est cette distinction qui déclenche le calcul différent des cotisations.

Comment sont taxés vos revenus ?

Si vous êtes affilié au régime des PAMC (praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés) :

  • vos revenus conventionnés sont taxés avec un taux réduit (prise en charge partielle des cotisations Maladie) → approximativement 11% de “revenus + cotisations CARPIMKO payées”.
  • vos autres revenus sont taxés avec le taux plein de Cotisation Maladie (car ils ne bénéficient pas de la prise en charge par la CPAM) et soumis à une Cotisation Additionnelle Maladie → approximativement 21% de “revenus + cotisations CARPIMKO payées”.

Et si on crée une deuxième structure ?

Là, c’est une autre histoire.

Si vous décidez de séparer les deux activités juridiquement – par exemple en créant une SASU ou une EURL pour l’activité secondaire – vous aurez deux affiliations différentes.

Une pour l’URSSAF PAMC (orthophonie, kiné…), une autre pour l’URSSAF des indépendants classiques (coach, praticien bien-être, consultant…).

Avantage : une vraie séparation des risques, des responsabilités, des comptas.

Inconvénient : potentiellement deux cotisations minimales à payer, même si votre activité secondaire rapporte peu. Pas toujours rentable, donc.

4. Retraite : CARPIMKO

Si vous gardez une seule entreprise (et donc un seul statut), tous vos revenus libéraux – soins + activité secondaire – seront pris en compte dans le calcul de vos cotisations retraite.

Vous cotiserez donc à votre caisse habituelle (la CARPIMKO pour les professions paramédicales), sur la base de votre revenu global.

C’est simple, transparent, et ça évite de vous retrouver à cumuler des petits droits à la retraite dans deux régimes différents.

Et en bonus, vous augmentez légèrement vos droits à la retraite en cotisant sur un revenu plus élevé. C’est plutôt une bonne chose.

En revanche, si vous créez une structure séparée pour votre activité secondaire, alors là, c’est un autre monde : vous risquez de devoir cotiser à une deuxième caisse de retraite (régime des indépendants, ex-RSI), avec sa propre assiette, ses propres cotisations minimales… et potentiellement un deuxième régime de prévoyance.

Donc à nouveau :

  • tant que c’est petit, mieux vaut mutualiser.
  • Si ça devient gros, la double structure peut se justifier – mais il faut en accepter les conséquences.

5. Réglementation et éthique : les bonnes pratiques à respecter

Aucune loi ne vous interdit d’avoir une activité annexe, mais quelques règles (même implicites) restent à suivre pour rester dans un cadre professionnel clair et éthique.

Les règles à respecter

  • Ne mélangez pas les genres : évitez de faire passer une prestation bien-être pour un soin médical. Ne proposez pas une rééducation cognitive non conventionnée sous un autre nom si c’est de l’orthophonie déguisée, par exemple.
  • Pas de publicité floue : ne mentionnez pas vos titres de professionnel de santé dans votre communication sur votre activité secondaire. Et soyez transparent : précisez bien que ce n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie.
  • Assurez-vous correctement : votre assurance RCP d’orthophoniste ou de kiné ne couvrira probablement pas vos activités annexes. Il vous faut une couverture spécifique pour cette nouvelle activité.
  • Renseignez-vous auprès de votre Ordre ou syndicat : Avant de vous lancer, vérifiez les règles de votre profession. Certains Ordres (masseurs-kinésithérapeutes, infirmiers…) ont des directives spécifiques sur le cumul d’activités pour garantir l’indépendance professionnelle et éviter toute confusion pour les patients. Un petit coup de fil ou un e-mail peut vous éviter bien des tracas.

En conclusion : oui, diversifier est possible. Mais faites-le intelligemment

Si vous avez envie de tester une autre activité à côté de votre pratique paramédicale, vous êtes dans votre droit.

Et c’est même souvent très enrichissant, à la fois sur le plan personnel et professionnel. Mais pour que ça reste fluide et avantageux, voici la règle d’or :

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